Jeudi 24 juillet 2008
Avignon or not Avignon ?

Les méandres, les dérives, les "creux de la vague" d'une bande d'acteurs pendant le festival d'Avignon.


Dramaturge, critique de cinéma, ou encore scénariste (notamment aux côtés de
Christophe Honoré, qui a co-écrit le scénario de ce film), Diastème est un nouveau venu sur le terrain de la réalisation, . On trouve peu d'informations sur lui sur le net et dans la presse c'est pas tellement mieux, donc il me semble que c'est son premier film mais si je me trompe faites le moi savoir )
Bref, parlons-en de ce film.
Les acteurs sont un mystère.
Ils représentent une attirance pour beaucoup de metteurs en scène et une attirance encore plus grande pour les spectateurs. On pourrait donc dire que c'est un sujet facile, un sujet qui est susceptible de plaire, dont on a déjà fait le tour. Or, il ne sont pas si nombreux les films courageux qui parle VRAIMENT des acteurs, dans ce qu'ils ont de plus profonds.
Au premier abord on peut faire des reproches à ce film. On sent que le fait que les personnages soient des comédiens n'est pas anecdotique et que c'est même le point le départ du film, la raison même de son existence. On sent que les histoires brodées dans ce film entre les personnages n'existent que parce-que  les personnages sont des acteurs. On imagine que la démarche des scénaristes a été : "Parlons des acteurs... mais pour cela il faut une histoire, des personnages et des sentiments. " 
Et cette démarche, on peu la condamner. Mais je vais tenter d'y chercher une explication, on verra après pour la condamnation.
Certains acteurs, je pense par exemple à Jeanne Moreau mais il  y en a bien d'autres, affirme que leur métier fait parti de ce qu'ils sont,  le jeu, c'est leurs vies, ils ne font aps la différence entre la vie professionnelle et la vie privée.  Donc pour parler d'eux, de leurs âmes, dans ce qu'ils ont de plus profond, il ne faut jamais oublié qu'ils sont comédiens, ca les a construits, ça fait parti d'eux.
Ainsi on ne peut pas complètement condamner la narration de ce film, car certains acteurs  sont comme ceux dépeints par Diastème.
Mais on peut aussi condamner cette narration.  En  effet, on distingue ici une tentation d'enlever, dans certaines scènes, l'intrigue, l'histoire pour rendre la force aux moments, aux instants de grâce offerts par les acteurs et le scénario. Mais ce n'est pas assez assumé, et donc parfois l'histoire vient encombrer les moments de vie. Comme si chaque scène, chaque millimètre de pellicule utilisé devait être justifiée. C'est frustrant pour le spectateur, car l'annecdote de l'histoire prend la place de la grâce. Mais c'est un parti pris.
On peut imaginer que c'est une manière de dire : "Regardez, les acteur sont beau vivre des moments exceptionnels grâce à leurs métier, ils sont souvent rattrapés par la réalité du cours de la vie ou la réalité économique."
Pour conclure, parlons des acteurs de ce film.  Le couple pour moi central du film est celui joué par Emma de Caunes et Frederic Andrau. Ils jouent ici un couple tumultueux à la vie comme à la scène, ce qui permet à Diastème une question, pour certains stupides, pour d'autres capitale dans le métier d'acteur : peut-on être amoureux de quelqu'un scène en ayant l'air crédible et une fois sorti de scène basculer dans l'indifférence, la simple amitié de politesse ou même la haine ?
Ces deux comédiens (Andrau-De Caunes) avaient déjà joué ensemble sous la direction de Diastième, au théâtre dans La nuit du thermomètre.

Il y a aussi Bruno Todeschini, qui joue le rôle de l'auteur de la pièce (alter-ego de Diastème ?), par le biais duquel Diastème pose encore une question : "Est-ce-que, quelque soit la force de notre passion pour le théâtre ou pour un art peut prendre le pas sur la tragédie qu'on vit dans la vie et nous sauver ?"


Enfin il y a quand même quelque chose pour lequel peut saluer le film de Diastème, c'est que jamais, au grand jamais il n'a cette prétention insupportable qu'on certains metteurs en scène  de répondre aux questions auxquelles aucun acteur, aucun metteur en scène, aucune oeuvre d'art  n'a réussi à répondre depuis antiquité ! En tous cas n'a pas réussi à répondre de façon clair, nette et précise.
Cependant il va au bout du propos, et pousse la question et les possibilités de réponse juqu'au bout. On ne sort pas de la salle en se disant " Mais bien sûr c'est ça être acteur ! ". il n'y a pas de définition du métier d'acteur, chacun en a sa petite idée. MAis personne n'a la solution parfaite, la preuve pas un seul acteur n'a le même avis sur la question.


Tout ce bla-bla pour dire que j'ai aimé ce film même si on peut lui faire des reproches, mais ce qui est humain n'est jamais parfait.

Méfiez-vous de la perfection, elle enlève la beauté et l'humanité. 
par Orphée publié dans : Critiques cinéma
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Vendredi 11 juillet 2008
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