Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 16:54

Un homme, Ari, témoin ou acteur des massacres de Sabra et Chatilla, cherche la vérité, cherche ses souvenirs perdus, sa mémoire éffacée. Sublime.


                A priori, la nouveauté de ce films est qu'il soit classé comme documentaire d'animation. C'est bien la première fois que cela est fait. Il s'agit bien d'un documentaire, crédible, historiquement et politiquement interressant, tout en utilisant les possibilités offertes par l'animation. Mais la vraie nouveauté est que sont intégrés dans le documentaire, des scènes oniriques, très belles et très lyriques. Mais comment le spectateur aurait-il pu accepter de telles scènes en plein milieu d'images d'archives, puisque c'est d'archives  dont aurait été composé ce film  ? Ca aurait été complétement impessable, impossible à vendre, et même sûrement un peu de mauvais goût.

          Alors qu'en installant dès le départ, une atmosphère d'irréel avec l'animation, les scènes de rêves sont parfaitement intégrées dans le film.

   Pour parler du film, on peut commenter deux scènes.

        La scène de valse, de transe d'un soldat au milieu des tirs, au coeur du danger. Le soldat s'avance au milieu de la rue déserte, ou tirent d'autres soldats. Puis sans raison, sans explications, il se met à tirer partout sasn s'arrêter, sans viser personne. Cette scène appuie un des propos du film. La guerre pousse les Hommes à commettre des acte cruels, inexplicables, terrifiants. Ils perdent le contrôle d'eux-mêmes, ne se rendent plus compte du sens mot "tuer". Malgrè sa beauté esthétique, son côté chroégraphie, cette scène est térrifiante.

            On peut également parler de la scène de rêve, d'ahllucination d'un soldat ivre à bord d'un navire de guerre. Après une soirée arrosée, il voit apparaître une femme, immense, irréelle, nue et bleue qui l'enmène sur son corps. Cette scène, exprimant l'envie de partir de cette horrible guerre, s'intègre parfaitement, ne marque pas de barrière entre l'aspect fiction et l'aspect documentaire du film.

               Le message du film est un message de paix. Il ne prend pas parti politiquement, diplomatiquement dans le conflit israelo-palestinnien. Il montre juste l'horreur de la guerre, sans aucun héroïsme, sans aucune bravoure. C'est juste incompréhensible. Aucun soldat n'est montré comme un héros, juste comme des hommes auxquels on a menti, donc on se sert pour faire le travail désagréable, commandés par les hommes politiques.

C'est un film de guerre pacifique

Par Orphée - Publié dans : Critiques cinéma
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Dimanche 21 septembre 2008 7 21 /09 /Sep /2008 21:24

La Princesse De Clèves, œuvre monumental de la littérature française transposé dans un lycée du 16ème arrondissement de Paris.

On est perdu, au milieu de ces visages gracieux et graves, au milieu de ces histoires d’amour, ce chassé-croisé, ces nombreux prénoms. Puis arrive Junie, la Princesse, d’une beauté rare, d’une élégance rêvée, hantée par la grâce, et le refus de se fondre dans la masse, d’être un mouton qui suit le troupeau. Elle arrive dans ce nouveau lycée, épaulée par son cousin Matthias (Esteban Carjaval-Alegria se révèle vivant, drôle et parfait en amoureux transi et torturé), elle essaye de s’adapter à ce nouvel établissement et accepte rapidement de devenir la fiancée d’Otto, le plus calme et le plus sage des amis de son cousin.

Mais elle sera rapidement confronté au grand amour, celui de son  prof d’italien, Mr Nemours. A travers elle, Honoré, continue, envers et contre tous, de refuser le conformisme du cinéma français. On parle ici d'esthétisme, de langue, mais aussi d'économie. Tourné en peu de temps, avec des moyens limités, de jeunes acteurs professionnels auxquels ne font pas forcément confiance les producteurs. Christophe Honoré joue le jeu de l'arroseur arrosé, prend de vitesse les règles économiques du cinéma, s'amuse et réussit ainsi ses films.

Revenons à notre Princesse. Incarnée avec  magie et maîtrise par Léa Seydoux. Ici on ne parle plus de grâce, de spontanéité ni de romanesque qui étaient les moteurs du jeu des acteurs dans les précédents films d'Honoré. Il s’agit ici d’une véritable performance d’acteur ! En effet, Léa Seydoux est d’une telle tenue (pour ne pas dire froideur) que chaque sourire, chaque émotion, chaque éclat, chaque étincelle qu’elle nous offre nous apparait comme bénie, tombée du ciel, d’une importance, d’une force et d’une rareté précieuse.

Christophe Honoré se pose ici en dramaturge, utilisant les lieux, les comédiens, la musique, et les dialogues comme atouts principaux du film.

En effet, ce film radical et rare, a été tourné au Lycée Molière, dans le XVIème arrondissement de Paris. Ce lycée, qui, d’après le réalisateur est un des seuls qui a accepté de laisser une équipe de tournage vivre dans l’établissement en activité, est un décor rêvé pour faire un film. Des balcons,  qui permettent de s’épier, de sauter d’un pont en restant dans le lycée, et de se donner en représentation devant ses camarades, avares, malgré leur indiscutable élégance, de potins et d’histoire d’amour bêtes et belles à pleurer.

Puis, il y a les comédiens. Léa Seydoux, on l’a assez dit, comptera. Et puis l’éternel Louis Garrel, plus que jamais en perte de vitesse et de mouvement, émouvant et mis à nu par son metteur en scène fétiche. Je m’avancerai même à dire que c’est son plus beau rôle. Puis il y a tous ces jeunes gens, qui sont visiblement trop vieux pour incarner des lycéens réels, mais on n’imagine pas mieux pour les rôles, ils sont d’une drôlerie, d’une légèreté et d’une loyauté envers les VRAIS lycéens qu’on attendait depuis longtemps au cinéma.

La musique est également un élément important du film. Aidé de son ami Alex Beaupain, qui lui signe, le chanteur est égal à lui-même, une magnifique chanson chantée par Grégoire Leprince-Ringuet. Puis Nick Drake, est venu sublimer le casting, avec sa voix grave et lancinante, il porte les jeunes héros. Et enfin, pour terminer, la participation exceptionnelle de… Alain Barrière. Honoré fait appel à lui dans une scène bouleversante, dans le bistrot, QG des lycéens,  ou Léa Seydoux croise le regard bienveillant et maternel de Chiara Mastroianni, qui avait incarné la Princesse, avec Manoel de Oliveira.

Enfin, les dialogues, et ce n’est pas une nouveauté dans les films du cinéaste, occupent une place importante. On sent ici une recherche considérable sur le registre de langue, la construction et la musicalité des dialogues. Christophe Honoré a su crée un langage propre à ses films, et approprié au « propos », aux thèmes de ses films et à la façon de les aborder. Les dialogues sont écrits et littéraires, ce qui n’empêche pas la crédibilité. Les dialogues écrits portent les personnages au cinéma, contrairement à l’idée qu’on pourrait avoir, les acteurs sont toujours meilleurs, et le film est toujours plus élégant quand les dialogues relèvent de la littérature.

Et pour un écrivain-cinéaste comme Honoré, il est absolument impensable, voire impossible, que les dialogues ne soient pas un élément clé du jeu des acteurs et de la réussite du film.

L’élégante plume du metteur en scène permet ici, une unité entre les lycéens et leur manière de parler. On remarque aussi que les lycéens ont conscience du « public » auquel il s’adresse. Leur langage, leur parole sont différentes selon l’interlocuteur auquel ils s’adressent, et ils ont parfaitement conscience de cela. Le cinéaste montre ici des lycéens qui maîtrisent la langue française, et savent l’utiliser pour paraitre élégant.

  

 

Par Orphée - Publié dans : Critiques cinéma
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